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Artist or Maker: MOBILIER DE SALLE A MANGER 'BERGER', LE DESSIN 1923, EXECUTE EN LAQUE ROUGE 1927-1928
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Provenance: Très probablement appartement de Lord Rothermere, Paris, jusqu'en 1940.
Localisation inconnue.
Acquis vers 1970 auprès de la SNCF.
Collection privée depuis lors.
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Notes: Cet ensemble exceptionnel, appelé communément 'Salle à manger Berger', doit son nom à Monsieur Berger, l'un des principaux fournisseurs en bois précieux d'Emile-Jacques Ruhlmann. En 1923, celui-ci charge Ruhlmann d'aménager son hôtel particulier parisien, pour lequel il dessine ce modèle de table. Elle est exécutée en bois massif, le plateau de la table en amboine.
Notre ensemble est très vraisemblablement la version en laque rouge réalisée par Ruhlmann pour le compte de Lord Rothermere vers 1928. Nous n'avons en effet répertorié que deux exemplaires réalisés de cette table, au piétement sculpté. Il est également proposé àà un autre commanditaire, vers 1923, Monsieur Windburn. Le dessin conservé dans les archives Ruhlmann, précise 'table en laque et marbre, desserte laque et bronze'. Mais deux autres dessins présentant deux modèles différents ont été proposés à Monsieur Windburn et nous ne savons lequel a finalement été exécuté pour son compte. Reste que Ruhlmann ne réalisait jamais deux fois exactement la même commande, des variantes intervenant dans le bois utilisé, le décor en marqueterie, le dessin. Notre ensemble est en tous points identique à celui que l'on reconnaît dans l'appartement de Lord Rothermere, photographié dans 'L'Illustration' en juin 1928.
Grand patron de presse, pionnier du journalisme populaire, Lord Rothermere s'adresse à Ruhlmann vers 1925 pour prendre en charge la décoration intérieure de son appartement parisien situé sur les Champs-Elysées. Cette réalisation est un exemple parfait des grands appartements d'apparat que Ruhlmann met en place durant les années vingt pour des industriels réputés, banquiers, architectes etc. Des vues d'intérieures de son appartement, notamment dans 'Les échos des Industries' en avril 1927, montrent un autre modèle de salle à manger, crée pour l'Hôtel du Collectioneur présenté au Salon des Arts Décoratifs en 1925. Lord Rothermere aurait donc changé son mobilier durant l'année 1927-1928.
Après quelques premières collaborations ponctuelles avec Jean Dunand, ce n'est qu à partir de 1927, alors qu'il a créé son propre atelier de laque au pistolet que Ruhlmann utilise davantage la laque réalisée dès lors dans ses ateliers. A cette époque, il abandonne progressivement l'usage de la marqueterie. La laque, souvent noire, parfois rouge, appliquée sur les surfaces planes de meubles aux lignes pures, fournit à ses créations un mélange incroyable de luxe et de modernité et un caractère spectaculaire. Il a toutefois encore parfois recours à des ateliers extérieurs lorsqu'il utilise la laque de Chine, comme pour notre ensemble.
Le motif 'Astrakan', sculpté en creux sur les deux pieds de la table est un motif bien connu dans l'oeuvre de Ruhlmann. Il est une traduction en bois sculpté du motif de cailloutis qu'il utilise très tôt dans des décors en marqueterie d'ivoire : sur le tapis de la coiffeuse modèle 'Colonnettes', présentée au Salon des Artistes Décorateurs en 1919, ou en simple résille d'ivoire sur la façade du meuble 'Elysée' présenté au Salon d'Automne en 1920, acquis par l'Etat en 1926. Il reprend également ce motif sur des tissus et notamment pour en recouvrir ses fauteuils. Décliné en bois sculpté, il devient 'astrakan' du nom de la luxueuse fourrure bouclée du jeune agneau. Rarement utilisé, on ne le connaîque sur ce modèle de table et sur une table d'appoint, vers 1926 (numéro 1012 AR/1303 NR dans les archives Ruhlmann).
Le dessin des chaises, modèle 'Cabanel', repris dans la salle à manger 'Berger' avec de hauts sabots en bronze argenté, est une interprétation d'un modèle de chaise de la fin du XVIIIème siècle. Mais les lignes sont épurées, simplifiées, architecturées ; le dossier, presque rond, l'assise à peine évasée, les pieds très étroits en façade sur de si hauts sabots donnent une ligne élancée. Le mélange de la laque rouge, du bronze argenté, du cuir initialement fauve, avec l'astrakan' du piétement de la table crée un effet d'une grande sophistication.
L'histoire des objets reste parfois mystérieuse et nous ne savons pas ce qu'il advint de ce moblier après la disparition de Lord Rothermere en novembe 1940. Ce n'est qu'en 1969 qu'il réapparu. Il est alors acquis auprès de la SNCF par les parents des propriétaires actuels. Nous ignorons comment il s'y est retrouvé, nous savons seulement qu'il meublait la salle du Conseil. Il avait probablement été choisi pour ses volumes, son caractère imposant et hautement décoratif et le nombre incroyable de chaises toujours réunies.
Our dining suite, usually called 'salle à manger Berger', take its name from the client for whose Paris home it was conceived in around 1923, Mr Berger, Emile-Jacques Ruhlmann's main supplier of exotic woods. Berger's was in wood with an amboyna top.
The present suite, in red Chinese lacquer, is believe to be the one that Ruhlmann developed from the original design for the dining room of Lord Rothermere, as only two copies of this set, with carved feet, are reputed to have been executed. Another drawing for Mr Windburn, dated circa 1923, shows the same dining table, with the description 'lacquer and marble table, lacquer and bronze buffet'. But two other drawings exist of two different dining suites for Mr Windburn and we don't know which one has been executed. But Ruhlmann never produced twice exactly the same set, changing the type of wood used, the design of the marquetry, or some details of the general lines. Or set is exactly the same that the one we recognize in the dining room of Lord Rothermere, shown in 'L'Illustration', june 1928.
Highly successful british newspaper magnate, Lord Rothermere was a pioneer of popular journalism and developed the 'London Daily Mail' and the 'Daily Mirror'. In 1925 he commissioned Ruhlmann to create the interiors of an apartment on the the Champs- Elysées. The dinig suite is featured in 'L'Illustration' within the sumptous rooms that exemplify Ruhlmann's mastery in creating the most prestigious and refined interiors of the 1920s.
Emile-Jacques Ruhlmann has not prolific in his exploitation of lacquer. After occasional collaborations with Jean Dunand, it is only in 1927, when he opened his own workshop, that he started using it more regularly. His furniture became simpler in line and structure, yet the use of lacquer, often black, more rarely red, added a touch of the precious to the modernized lines - here was a unique and sedutive blend of material and form.
The 'astrakhan' design of the two feet of the dining table (4 meters long or 6 at the full extension) is highly representative of Ruhlmann's art. It is a declination of the 'Cailloutis' design he created for marquetry decoration that was executed in ivory, in such contexts as a: dressing table top (Coiffeuse 'Colonnettes', exhibited in 1919 at the 'Salon des Artistes Decorateurs'), the front of a cabinet (Cabinet Elysées, shown at the 'Salon d'Automne' in 1920) in 10s and early 20s. Later he used this design for upholstery . Very rarely declined in carved wood, the motif called 'Astrakhan', in reference to the luxurious and curved lambskin, features in this way, only a small table dated 1926 and on our model of dining table.
The design of the 18 chairs, 'Cabanel' but adapted for 'Berger' with silvered bronze sabots, that are part of the set, is a simplified interpretation of an end of 18th century French model: with a quite round but slightly oval back, a quite rectangular but slightly widen seat and very thin feet on stretched silvered bronze sabots.
The full story of the suite after Lord Rothermere's death in november 1940 is not know. What is recorded is, its ownership by the French railway company, the SNCF and its service for meetings of the administrative board. It was bought by the parents of the present owner from the SNCF in the early 70s. Lost from view for three-quarters of a century, the suite reemerges as a glorious example of Ruhlmann's creativity on the grand scale.
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Cf. : Florence Camard , Ruhlmann , éditions du Regard, Paris, 1983, p. 148 et 149 pour le modèle en bois sculpté chez Monsieur Berger et p. 256 pour le modèle de chaise
Henri Clouzot, Le miracle du mobilier français, ensembles mobilier de Ruhlmann, L'Illistration, 30 juin 1928
Les chaises portent le numéro 56NR dans les archives Ruhlmann, conservées au Musée des Années Trente, Boulogne Billancourt
Cette salle à manger est vendue avec le concours de Maître Dorothée Galludec, commissaire-priseur, Lorient, numéro d'agrément 2006-578
'BERGER', A CARVED WOOD, LACQUERED AND SILVERED BRONZE DINING TABLE AND EIGHTEEN CHAIRS BY EMILE-JACQUES RUHLMANN, THE DESIGN, 1923, THIS ONE EXECUTED IN 1927-1928