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Lot 16: Jules BARBEY D'AUREVILLY (1808-1889)

Cartes et Manuscrits

Platinum House

by Piasa

December 11, 2012

Paris, France

Live Auction
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Description: Jules BARBEY D'AUREVILLY (1808-1889). MANUSCRIT autographe signé, Littérature. Jack - par M. Alphonse Daudet, [1876] ; 5 pages in-fol. découpées pour l'impression et remontées (qqs petits manques) sur 5 feuillets de papier chamois, reliure demi-percaline rouge.
INTERESSANTE CRITIQUE DU ROMAN JACK D'ALPHONSE DAUDET (Dentu, 1876), ET VIGOUREUSE ATTAQUE DU ROMAN NATURALISTE. L'article a été publié dans Le Constitutionnel du 28 février 1876, et recueilli dans le volume XVIII de Les Œuvres et les Hommes : Le Roman contemporain (Lemerre, 1902).
Le manuscrit, superbement tracé aux encres noire, verte et rouge, a été découpé en 47 bandes numérotées au crayon rouge pour en accélérer la composition ; manquent les petits fragments 25, 26, 35, 37, 39 et 40. Il présente quelques ratures et corrections.
" Tout le monde connaît M. Alphonse Daudet. Il a maintenant, littérairement, pignon sur rue, quoique ce soit là un mot bien pesant pour dire le succès de ce talent aërien, - charmant et charmeur, et qui est en train, pour l'heure, de prouver qu'il a aussi la fécondité ". Jack est " un livre d'haleine ", et " un livre cruel ", que Daudet a dédié à Flaubert : " Il dit M. Flaubert son maître et malheureusement, il est trop son maître. Or M. Flaubert vient de Gautier, qui vient lui-même de Goëthe. Triste généalogie ! " Daudet a enfermé son âme " dans la prison descriptive […] Je voudrais que le moi de M. Daudet, son moi sensible et réfléchi, tînt plus de place dans son œuvre actuelle ". Il ne peut devenir un de ces Impassibles dont il s'est moqué : " sa nature proteste contre son choix et sa préférence intellectuelle ". Mais ce " livre de colère et de pitié " pâtit de prendre pour modèles les " descripteurs ", et " " l'artiste fait pour nous donner les plus nobles spectacles, les choses les plus aristocratiques et les plus idéales, s'est détourné de toute cette poësie pour nous peindre les réalités les plus basses. La petite flamme bleue des génies capricieux et charmants qu'il a dans l'esprit, cet homme, de délicate fantaisie, la promène et la fait ramper sur des sujets abjects et répugnants, sous prétexte de mœurs contemporaines à reproduire […] Le sujet du roman de Jack est prosaïque, commun, oui, et même abject ; et tout le talent de l'écrivain, brillant dans une foule de détails, n'en sauve ni l'abaissement douloureux, ni la vulgarité pire encore ". Il est allé chercher son sujet dans la fange. " Son livre est donc l'histoire tragique des bohèmes impuissants, vaniteux, envieux, dont ce malheureux monde moderne et révolutionné fourmille. Pour intailler mieux dans leur ignominie, M. Daudet a employé un mot, beaucoup dit dans ce monde-là, il les a appelés : les Ratés, ... et l'emploi hardi de ce mot, qui se montre, je crois pour la première fois dans un livre de style, en fera peut-être la fortune ". Jack est lui-même un raté, " et qui rate depuis sa naissance, attendu qu'il est le bâtard d'une fille entretenue. Or c'est ce malheur de naissance qui s'appesantit sur lui et l'enfonce dans toutes les misères de sa vie... M. Daudet aurait pu en faire un héros, car il y a des bâtards qui sont des héros, qui remontent à force de cœur, de volonté et d'énergie ce torrent de la bâtardise qui entraîne Jack aux derniers malheurs et aux plus lamentables catastrophes. Mais Jack importe bien moins au romancier que le milieu dans lequel il vit et succombe. Jack pour lui est une occasion de peindre les Ratés ; c'est le bouc émissaire des Ratés " ; or " il est impossible à l'imagination dégoûtée de s'intéresser à ce Jack, imbécille, sentimental et raté [...] Tel est le défaut de la cuirasse de ce roman. Le sans-intérêt ! "… Au long des deux volumes, " c'est un entassement de bassesses, d'infâmies, de ridicules, de platitudes, de misères de toute sorte […] Vols, escroqueries, concubinage, prostitution du sentiment maternel, avilissement des caractères, vanités bêtes ou méchantes, c'est à lasser le dégoût lui-même "… C'est là " la grande faute " de ce roman, qui est bien moins du fait de Daudet " que d'une École dont on peut regarder M. Flaubert comme le chef, de fait, sans théorie et sans enseignement ". Mais ce " roman exact ", tel une enquête, " est pour les moralistes qui savent conclure, un renseignement effrayant. Je ne sache pas de livre plus terrible contre la société actuelle et Paris, […] Je ne connais pas de livre plus capable de faire mépriser le monde moderne et ses mœurs. Cette histoire de Ratés, de cette tribu d'impuissants, envieuse et dévorante, qui doit dévorer un jour tout le grain social, cette histoire racontée sous des formes désintéressées, quand elles ne sont pas émues, est l'accusation la plus nette et la mieux formulée contre toutes les idées qui règnent en ce temps d'exécrable démocratie " ; et Barbey d'évoquer l'instruction obligatoire, le concubinage… Quant au style, ayant abandonné sa manière charmante, " ce talent charmant tremble […] dans le manche grossier du réalisme. C'est un conteur d'une grâce émue et légère, qu'aucun romancier contemporain n'a au même degré que lui ". Barbey voit en certaines pages " du pur Dickens, mais avec des touches que Dickens n'a pas " ; et Daudet se trompe quand il croit avoir fait " un livre ironique […] Le cadre accepté, la tête prise là-dedans, il a fait un livre sincère. Daudet est un esprit trop facilement ému et trop transparent pour être ironique et amer bien longtemps ". En résumé, Jack " n'aura de succès que par l'attendrissement qu'il causera à ceux qui le liront, car la maîtresse faculté de M. Daudet, c'est la faculté de l'attendrissement […] Sans cette faculté d'attendrissement, le livre resterait, je n'en doute pas, par son fond, mortellement antipathique aux esprits élevés et délicats, le vrai, le seul public pour un écrivain de la race de M. Daudet ". Daudet s'est heureusement gardé d'avoir mis " son pied, qui est fin et cambré, dans les vieilles savates d'Eugène Sue ", et " malgré tout ce qui m'a déplu dans cette hideuse histoire des Ratés, où tout est raté, la grâce de celui qui a écrit toute cette raterie y est si forte, qu'elle ne ratera pas ! "



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