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Lot 121: Lucien Lévy-Dhurmer Alger, 1865 - Le Vésinet, 1953 Le Bosphore avec la tour de Léandre, Istanbul Pastel

Old Master & 19th Century Art

by Artcurial

November 14, 2016

Paris, France

Live Auction

Lucien Levy-Dhurmer (1865-1953) Please Register/Login to access your Invaluable Alerts

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Description: Lucien Lévy-Dhurmer Alger, 1865 - Le Vésinet, 1953
Le Bosphore avec la tour de Léandre, Istanbul
Pastel

The Bosphorus with Leander''s Tower, Instanbul, pastel, by L. Levy-Dhurmer
h: 44 w: 57,50 cm

Commentaire : Istanbul

Tout aussi rêvée est la vue d''Istanbul qui appartient à cet ensemble. Comme nous l''avons déjà mentionné, Lévy-Dhurmer connut cette ville tout d''abord par les livres de Pierre Loti et il ne semble pas avoir visité la Turquie avant 1906. Le portrait de Loti, dessiné en 1896, livre un nocturne sur le Bosphore plus proche des Mille et Une Nuits que de la réalité touristique et il ne fait guère de doute que l''artiste gardera par la suite cet émerveillement toujours teinté d''imaginaire. Lévy-Dhurmer y fait toutefois figurer la mosquée du Sultan Ahmed, dite aussi mosquée bleue, à gauche du poète, reconnaissable au nombre de ses minarets, tandis que la silhouette de la basilique Sainte-Sophie se situe à droite du portrait. Dans le pastel qui nous intéresse, c ''est aussi la mosquée bleue que choisit l''artiste, environnée des silhouettes d''au moins sept minarets proches et de plusieurs autres sur la droite ; Lévy-Dhurmer en simplifie les formes et la rapproche du Bosphore pour en renforcer le reflet tandis qu''on devine le début de remparts crénelés, conformes à la topographie bien réelle du lieu. Le point de vue depuis lequel est censé être aperçu le monument est en revanche librement interprété. Il paraît difficile en effet d''apercevoir aussi nettement la mosquée sous cet angle depuis la rive opposée, beaucoup trop éloignée, d''autant que Lévy-Dhurmer anime le premier plan de végétation, de baraques à ponton et de barques à rames quelque peu surdimensionnées dans une sorte de raccourci, sans doute pour donner plus de vie à son évocation. Le peintre est toutefois fidèle lorsqu''il représente ces barques ainsi qu''en attestent des photographies anciennes du site reproduites en carte postale où figurent ces petits bateaux caractéristiques (fig.4).

Il agrémente aussi son paysage de cyprès tels qu''on peut en voir au cimetière d''Eyoub, mais qui peuvent tout aussi bien être inspirés de l''Italie ; on en retrouve dans maintes œuvres de Lévy-Dhurmer, telle que la partie droite du triptyque de L''Eden. En revanche, c''est avec une pleine fantaisie que l''artiste fait figurer, à gauche, sur une rive montueuse, une architecture qui ressemble fort à la Tour de Léandre (Kiz Kulesi), édifice célèbre d''Istanbul, construit sur un minuscule îlot isolé et non arboré au milieu du Bosphore et qui servit de phare pendant des siècles (fig.5).

Lévy-Dhurmer en adopte aussi les petits bâtiments d''appontement et la forme reconnaissable de leur toit. La silhouette de la Tour de Léandre, construite par Alcibiade en 408 avant J-C puis reconstruite en 1110 et modifiée par les Turcs au cours du XVIe et du XVIIIe siècles, est ainsi déplacée sur la rive orientale du Bosphore par Lévy-Dhurmer et située dans un paysage agreste inventé afin d''équilibrer sa composition, un Bosphore toutefois singulièrement rétréci par rapport à la réalité. Lorsque le peintre expose des paysages d''Istanbul aux Pastellistes français en 1914, un critique recommande de regarder " avec plaisir la Corne d''Or et la Mosquée au bord du lac, d''une poésie suggestive ", confirmant que certaines images du Bosphore dues au peintre ressemblent plus à une étendue d''eau fermée qu''à un estuaire … Jeu avec la topographie, libre disposition des monuments et de leurs proportions : c''est donc bien une " Stamboul " de rêve qu''il convient d''évoquer en contemplant ce pastel auquel l''artiste donne des couleurs tout aussi fantaisistes que la géographie recomposée avec laquelle il traite la cité. Des lointains où se mêlent mauves, bruns, ocres et bleus, surgissent les architectures dans une sorte d''or incandescent qui fait penser à un coucher de soleil féérique. Cette vision est d''autant plus saisissante que le premier plan, aux verts et aux bleus plus francs, à la technique moins serrée et aux détails pittoresques, relève d''un plus grand réalisme dans le dessin. La mosquée semble ainsi comme une apparition mystérieuse et flottante, issue de quelque légende et l''on pense au grand pastel de Lévy-Dhurmer conservé au Musée de Brest Ma mère, un soir, a vu la ville d''Ys. Bien que d''une époque et d''une facture différentes, l''idée poétique en est très proche.

Jean-David Jumeau-Lafond





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