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Dimensions: 140 x 190 cm ; 55 1/8 x 74 3/4 in
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Provenance: Acquis directement de l'artiste par Mira Jacob
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Exhibited: Rotterdam, Museum Boymans-Van Beuningen & Knokke-Heist, Casino, Exposition Paul Delvaux, 1973, no. 69, reproduit dans le catalogue
Paris, Galerie Le Bateau-Lavoir, La Peinture et son double, 1974, no. 125, reproduit en couleur dans le catalogue
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Literature: Michel Butor, Jean Clair & Suzanne Houbart-Wilkin, Delvaux, Bruxelles, 1975, p. 274, no. 322, reproduit
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Notes: Peinte en 1972, l'oeuvre présente met en scène des femmes dans un décor architectural, un des sujets de prédilection de Delvaux. Les Vestales est un exemple remarquable de l'originalité de l'art de Delvaux où des objets et des éléments architecturaux, apparemment issus du quotidien, contribuent à créer une atmosphère mystérieuse, un monde magique, habité de femmes dont l'identité reste dissimulée au spectateur. Bien que Delvaux dépeigne généralement des personnages nus et idéalisés, il choisit dans cette oeuvre de représenter les vierges Vestales dévouées à Vesta, déesse romaine de la Terre et du foyer, ayant fait voeux de chasteté.
Les Vestales reflète le goût de Delvaux pour les oeuvres peintes par d'autres artistes et d'autres écoles, et en particulier pour les règles de la perspective établies pendant la Renaissance. L'artiste prend plaisir à représenter la pureté de l'architecture ancienne évoquant un monde lointain et mystique. Tout comme les scènes de rues sinistres et mystérieuses des tableaux de De Chirico, la rigidité de l'architecture et l'utilisation dramatique des ombres créent une sensation palpable de danger et d'incertitude et suggèrent la menace tapie au-delà des limites du tableau. L'utilisation de lignes distinctes horizontales et verticales rappelle la pureté et la simplicité de l'architecture classique, alors que les lignes diagonales de l'arrière plan, qui se dissipent avec la distance, font référence au traitement de la perspective développé par les maîtres de la Renaissance (Fig. 1). Les femmes peintes par Delvaux, bien loin des expressions des modèles de Michel-Ange, sont, elles, idéalisées, et situées dans un monde magique, issu de la peinture maniériste de la fin du XVème et du XVIème siècle.
Painted in 1972, the present work treats one of Delvaux's favourite subjects - that of female figures in an architectural setting. Les Vestales is a remarkable example of Delvaux's art, in which seemingly everyday objects and pieces of architecture create a mysterious, dream-like world inhabited by figures, usually female, whose identity or purpose remains unknown to the viewer. Whilst Delvaux often populates his paintings with images of idealised, mannerist nudes, in the present work he depicted the Vestal virgins, consecrated to Vesta, the Roman goddess of hearth and home, and vowed to chastity.
Les Vestales reflects Delvaux's affinity for painting of other artists and schools, particularly the perspectival conventions established during the Renaissance. The artist delights in representing the purity of ancient architecture, evoking a distant, mystical world. Like the ominous and mysterious street scenes of de Chirico's paintings, the rigidity of the architecture and dramatic shadowing create a palpable sensation of danger and uncertainty and allude to whatever lurks beyond the boundaries of the picture. The artist's use of clean horizontal and vertical lines replicates the simplicity and purity of classical architecture, whilst the diagonal lines of the foreground diminishing into the distance refer to the treatment of perspective as developed by Renaissance masters (Fig. 1). At the same time, his women are free of the expressive distortions of Michelangelo; they are rendered in an idealised fashion, and placed within a dream-like world, inspired by mannerist painting of the late fifteenth and sixteenth century.
Fig. 1, Piero della Francesca, La Flagellation du Christ, vers 1455, huile sur panneau, Galleria Nazionale delle Marche, Urbino