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Lot 17: France, Limoges, fin du XIIe siecle , chasse en email champleve representant le Martyre de saint Thomas Becket

Sotheby's

November 19, 2007
Paris, France

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Description

étiquette de collection avec le no. 117

Dimensions

measurements note haut. 17,3 cm, larg. 18,2 cm, prof. 8 cm height 6 13/16 in, width 7 3/16 in, depth 3 1/8 in

Exhibited


Exposition d'objets d'art du Moyen Age et de la Renaissance, Hôtel de Sagan, Paris, 1913.


Literature

S. Caudron, "Les châsses reliquaires de Thomas Becket, émaillées à Limoges: leur géographie historique" dans Société archéologique et historique du Limousin, 1993, p. 74.
Exposition d'objets d'art du Moyen Age et de la Renaissance organisée par la marquise de Ganay,chez Jacques Seligmann, 23 rue Constantine, cat. exp. Hôtel de Sagan, Paris, 1913, no. 218.

Provenance

Collection Marc Antocolsky, Paris vente 10-12 Juin 1901, Drouot, Paris, no. 42, reproduit
Collection D. Schevitch
sa vente à Paris, Galerie Georges Petit le 4-7 avril 1906, lot 185, reproduit (acquis par M. Paulme pour 16200 Fr)
Collection Marius Paulme, Paris

Notes

La diffusion rapide du culte du saint martyr, Thomas Becket (vers 1118-1170), archevêque de Canterbury, donna lieu à une large production de châsses en émail de Limoges destinées à conserver ses reliques répandues partout en Europe. Limoges et le Limousin étaient sous la domination de la dynastie des Angevins-Plantagenêts et le succès de ces châsses montrant des scènes de la vie du saint fut considérable, en partie à cause du patronage des Plantagenêts mais aussi grâce au rôle joué par les ordres monastiques, les souverains et les prélats anglais. Certains des commanditaires de ces châsses sont connus, comme l'abbé Benedict (1177-1193) de la cathédrale de Peterborough (Victoria and Albert Museum Londres), et la reine Marguerite de Sicile (morte en 1183) qui portait une châsse reliquaire miniature en émail autour du cou.

Caudron a répertorié toutes les châsses à l'iconographie de saint Thomas Becket connues, incluant l'exemplaire de la collection Dormeuil, aujourd'hui pour la plupart conservées dans des musées et variant par leur qualité et par certains détails. La châsse Dormeuil, par sa qualité d'exécution, peut être comparée à celle vendue chez Sotheby's à Londres en 1996 (aujourd'hui au Victoria and Albert Museum de Londres). Tandis qu'en général seulement deux chevaliers figurent dans la scène de la décapitation, la version de la "Society of Antiquaries of London" (déposée au British Museum) est l'un des rares exemplaires à montrer sur sa face antérieure les quatre assaillants. La châsse Dormeuil, de belle qualité et dans un bon état de conservation, représente trois assaillants, dont deux tenant une épée, le troisième une hache. L'évènement dramatique du martyre est dépeint sur une seule face: l'assassinat du saint devant l'autel et la représentation de l'ensevelissement du corps. Le revers est simplement décoré de fleurettes inscrites dans des losanges, et chaque côté en forme de pignon est orné d'une figure d'apôtre. Lorsqu' en 1538 Henri VIII a 'décanonisé' Thomas Becket suivant la constitution de l'Eglise d'Angleterre, il ordonna la destruction de toutes les images du saint. Il est alors rare de trouver aujourd'hui des oeuvres d'art illustrant l'iconographie de Thomas Becket.

Le drame du martyre de Becket est l'histoire d'une amitié déçue, celle de l'Etat contre l'Eglise, ainsi qu'un terrible malentendu. Thomas Becket naquit à Londres vers 1118; après avoir été archidiacre et prévôt de Beverley, Becket gagna l'amitié du roi Henri II Plantagenêt (1133-1189) qui le nomma chancelier en 1155, puis archevêque de Canterbury. Dès lors, bien qu'ami du roi, il changea son mode de vie, et défendit les biens et les droits de l'Eglise. Leur amitié se transforma en une forte rivalité qui poussa le roi à l'exiler avec sa famille en France. Becket utilisa ses pouvoirs d'excommunication contre les alliés du roi. Henri, ayant peur que le Pape n'excommunie tous les Chrétiens de son pays chercha à obtenir une reconciliation avec l'archevêque qui revint finalement en Angleterre. Mais dès son retour à Canterbury, Thomas Becket continua son attitude intransigeante vis à vis du pouvoir royal, provoquant la colère du roi qui prononça la célèbre phrase "Qui me débarrassera de ce prêtre de basse naissance" incitant ainsi quatre de ses chevaliers, William de Tracy, Réginald Firz Urse, Richard Le Breton et Hugh de Morville à prendre les armes. Ceux-ci arrivèrent à Canterbury et dans la cathédrale, lui demandèrent de se conformer aux ordres du roi après son refus, ils assassinèrent Thomas Becket le 29 décembre 1170.

Cette châsse sera incluse dans le Corpus des Emaux de Limoges, actuellement en préparation.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
E. Rupin, L'oeuvre de Limoges, Paris, 1890; réimpr. Fac.sim. Nogent-le-Roi, 1977, "Les châsses: martyre de Thomas Becket", p. 396-399, 425-426, fig. 451-457.
T. Borenius, St. Thomas Becket in Art. Londres, 1932, p.122.
T. Borenius, 'Some Further Aspects on the Iconography of St. Thomas of Canterbury', Archeologia, tome. 83, 1933, p. 171-186, pl. XLIV-LI.
Thomas Becket, Actes du Colloque international de Sédières, 19-24 août 1973, publiés par R. Foreville, Paris, 1975.
S. Caudron, 'Les Emaux champlevés méridionaux dans les cabinets d'amateurs britanniques des XVIIe et XVIIIe siècles', Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art et d'archéologie, Paris-IV, 1975
S. Caudron, 'Connoisseurs of Champlevé Enamels in the Eighteenth-Century', The British Museum Yearbook 2, Collectors and Collections, Londres, 1977, p. 19-33, fig. 1-18.
F. Barlow, Thomas Becket, Londres, 1986, p.34.
V. Notin, S. Caudron, G.François, Valérie et Thomas Becket. De l'influence des princes Plantagenet dans l'oeuvre de Limoges, cat. exp. Limoges, 1999.

FRENCH, LIMOGES, LATE 12TH CENTURY

A CHAMPLEVE ENAMEL RELIQUARY CHASSE WITH THE MARTYRDOM OF SAINT THOMAS BECKET

Thomas Becket's (c. 1118-1170) ascent from Archbishop of Canterbury to martyr saint precipitated a dispersal of his relics throughout Europe. Enamelled châsses depicting scenes from the life of Saint Thomas were crafted in the Limoges workshops to meet the demand of devotees fortunate enough to have acquired one of the saint's relics. As the city of Limoges fell under the domain of the Angevin-Plantagenet dynasty, it was natural that the production of the resplendent enamelled châsses would be trusted to the Limoges workshop. Some of the patrons who commissioned the reliquaries are known, including Abbot Benedict (1177-1193) of Peterborough Cathedral (Victoria and Albert Museum, London) and Queen Margaret of Sicily (d. 1183) who owned a miniature enamel Becket reliquary which she wore around her neck.

Caudron lists the extant Becket caskets, including the present one, most of which are now in public collections. The châsses vary in detail and quality; the Dormeuil casket is commensurate in quality with the largest and most detailed example sold in these salesrooms in 1996 (now in the Victoria and Albert Museum, London). The another châsse belonging to the Society of Antiquaries of London (today on loan to the British Museum) is the only known version to illustrate all four of the assailants. The present châsse displays three of the assailants, two wielding swords and one with an axe; the majory of Becket châsses only show two knights. The Dormeuil châsse depicts the drama of Becket's assassination and his entombment. The quality of the enamelling is beautifully preserved on the front panel of the present châsse. The reverse is simply decorated with a fleurette pattern in a lozenge framework and each end is enamelled with a standing apostle. In 1538 Henry VIII decannonized Becket following the establishment of the Church of England and ordered all images of the saint to be destroyed; surviving Becket imagery is now a rarity.

The dramatic story of Becket's martyrdom is one of friendship gone sour, church versus state, and tragic misunderstanding. Thomas Becket was born in 1118 to a London merchant yet his ambition was great. He rose to the position of Archdeacon and provost of Beverley and won the friendship of the Norman king, Henry II (1133-1189). Henry appointed Becket first to Chancellor in 1155 and then Archbishop of Canterbury in 1162. Thomas had been devoted to the King but as Archbishop his affiliations changed and he came into conflict with Henry over the question of the supremacy of the Church. Henry and Becket's friendship transformed into a fierce and public rivalry. The King exiled Becket and his family. Becket wielded his powers of excommunication against allies of the King. Henry, fearing that the Pope would excommunicate all Christians in his state, attempted to reach an agreement; Becket staunchly refused to compromise. The King, in a moment of frustration, muttered an iteration of the now famous words "Who will rid me of this meddlesome priest." The statement was interpreted by four knights -Reginald Fitzurse, Hugh de Moreville, William de Tracy and Richard le Breton- as a royal order and it prompted them to pursue the Archbishop. Upon reaching Canterbury the party proceeded to the cathedral, and after unsuccessfully urging him to relent to the demands of the king, they retrieved their weapons. Becket, who had retreated to the altar steps, was brutally slain on 29υ December 1170.

This châsse will be included in the forthcoming publication Corpus des Emaux de Limoges.

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