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Pablo Picasso (1881 - 1973)

Lot 49: Pablo PICASSO (1881-1973) Nu de face, Nu de dos,

Christophe Joron-Derem

May 28, 2010
Paris, France

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Description

Pablo PICASSO (1881-1973) Nu de face, Nu de dos, 1895-1897. Huile sur toile, double face. 68,5 x 40,5 cm

Provenance

Provenance : - Francisco Raphaël Segura y Monforte, Barcelone, cadeau de l'artiste. - Fernand Doucedame, Paris. - Collection particulière, Paris, par descendance. L'authenticité de cette oeuvre a été confirmée par Madame Maya Widmaier Picasso, un certificat sera remis à l'acquéreur pour chaque face. On reste toujours confondu par la fulgurance qui traverse l'oeuvre de Picasso. Toutefois ce qui ne cesse de surprendre est le processus de genèse et d'affirmation de soi. Selon la légende son premier mot fut « piz-piz » (lapiz, crayon) et du reste il l'entretenait lui-même en disant : « j'ai mis toute ma vie à savoir dessiner un enfant », lui qui dès 6 ans fut dessinateur prodige. Dès 1892, il suit les cours de dessins donnés à l'École des Beaux-Arts de la Corogne par son père. Mais à partir de 1895, l'installation de la famille Ruiz à Barcelone et l'inscription de Pablo à l'École des Beaux-Arts de la Lonja annoncent de profonds changements dans sa manière : la production de dessins s'accroit de façon considérable. Les exercices sur le vif ou le modèle de plâtre, passage obligé de toute pédagogie académique leur confèrent monumentalité et structuration qui jusque là faisaient défaut. Si le volume se renforce par le contraste ombre et lumière, le graphisme devient plus ferme. L'ellipse apparaît pour constituer dès 1896, une véritable méthode par la sélection et la mise en avant de traits pertinents. Entre 1896 et 1897, Picasso réalise ses deux premières grandes compositions de salon : La Première Communion, présentée à la troisième Exposition Régionale des Beaux-Arts et de l'Industrie de Barcelone, à laquelle il remportera la mention honorifique, et Science et Charité, exposée à Madrid. En 1897, il fait un bref séjour à l'Académie San Fernando de Madrid, dont, très vite, il rejettera les principes, refusant les méthodes et préférant aller copier les tableaux au Musée du Prado, notamment ceux du reco qui marquera tout son itinéraire. Cette oeuvre exceptionnelle de 1895-1897, conservée durant plus d'un siècle dans la même famille, représente deux académies. Cette double toile impose au regard, au delà de la maitrise des techniques, l'incomparable talent du jeune prodige. Celle de dos, certainement peinte à l'École de la Lonja, révèle déjà sa grande habileté dans la facture de la lumière et la capacité à théâtraliser un modèle. Celle de face, où toute l'attention se concentre sur ce monumental nu, démontre la vigueur de la touche, la qualité du traitement du visage, une recherche dans l'expression, qui soulignent la rare maitrise de Picasso pour le portrait, genre dans lequel il excelle depuis son plus jeune âge. « Faut-il peindre ce qu'il y a sur un visage ? Ce qu'il y a dans un visage ? Ou ce qui se cache derrière un visage ? » Dès ces plus jeunes années, avec cette double académie, Picasso illustre cette question qu'il posait.

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